Abidjan, le 16 octobre 2026. Il n’y aura pas de développement territorial équilibré sans connectivité. C’est le message porté par M. Salime TOURÉ, Conseiller Technique du Directeur Général de l’Agence Nationale du Service Universel des Télécommunications (ANSUT), lors de la clôture du cycle de conférences-débats « Territoires & Avenir », au Noom Hôtel Abidjan Plateau.
Organisé par One Africa Forums sous l’égide du ministère du Plan et du Développement, avec le concours du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, ce cycle a fait étape du 8 au 16 octobre dans la région du Tchologo et dans les villes de Korhogo, Bouaké, Yamoussoukro, San-Pédro, Assinie et Abidjan. Collectivités, administrations, investisseurs et partenaires au développement y ont débattu de l’attractivité des territoires, de l’urbanisation et des infrastructures, dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Partenaire institutionnel de l’initiative, l’ANSUT était présente à chacune de ces étapes.
Lors de la rencontre de clôture, M. Salime TOURÉ est intervenu au panel « Armature urbaine nationale : quelle complémentarité entre Abidjan et les villes secondaires ? ». Modéré par Mme Salma ELMERGHADI, Senior Manager chez Forvis Mazars, ce panel réunissait aussi le Dr André N’GUESSAN, Chef de l’Unité Décentralisée d’Exécution du Projet (CUDEP) de la Banque Mondiale, M. Youssouf OUATTARA, Président de l’Ordre des Urbanistes, et M. Michel KOUASSI KOUABENAN, Chef du Service Planification Urbaine du BNETD.
M. Salime TOURÉ y a rappelé la vocation de l’ANSUT : apporter la connectivité, réduire la fracture numérique et donner accès aux services de base, notamment dans les zones rurales. « L’idée, c’est l’universalité : faire en sorte que chaque citoyen, où qu’il se trouve et quel que soit son statut social, puisse accéder aux services de base de l’administration », a-t-il souligné.
Il a illustré son propos par l’exemple d’un habitant de l’intérieur du pays qui doit payer le transport et l’hôtel, et s’absenter plusieurs jours, pour consulter un spécialiste à Abidjan. « Si les hôpitaux sont connectés, si les écoles sont connectées, on peut avoir accès à ce type de services. C’est le rôle de l’Agence », a-t-il expliqué. L’ANSUT intervient ainsi là où l’initiative privée fait défaut, en complément des opérateurs.
M. Salime TOURÉ a ensuite présenté le Réseau national haut débit (RNHD), une infrastructure d’accélération d’environ 5 207 kilomètres. Elle dessert près de 108 préfectures et 500 sous-préfectures, du sud au nord du pays. Près de 2 800 kilomètres de ce réseau sont aujourd’hui exploités par les opérateurs, et il a notamment permis d’acheminer les données depuis le nord du pays pendant la Coupe d’Afrique des Nations 2023.
L’essentiel de son intervention tenait toutefois dans un appel lancé aux planificateurs : penser les télécoms dès la conception des projets. « La planification du développement ne peut pas se faire sans tenir compte de la connectivité. Chaque fois qu’on construit un kilomètre de route ou un quartier, il faut prévoir les infrastructures d’accueil des télécoms », a-t-il insisté. Il a regretté que les réseaux électriques soient souvent installés d’emblée, tandis que les réseaux télécoms sont oubliés. Faute d’infrastructures mutualisées, les opérateurs se rabattent alors sur des réseaux aériens. Il a donc invité les urbanistes à associer l’ANSUT à leurs projets d’aménagement, afin de rendre cohérents les réseaux d’initiative publique et d’apporter la connectivité à toutes les populations de façon intégrée.
Par cette intervention, l’ANSUT a réaffirmé son rôle d’acteur clé de l’inclusion numérique et du développement équilibré des territoires. Les recommandations issues du cycle « Territoires & Avenir » seront compilées dans un mémorandum, qui doit être remis aux autorités ivoiriennes en novembre 2026.
Le département communication








